Kaku – 2011

danse  / musique   Durée : 35mn
Chorégraphie, interprétation : Yuko Kominami
Création sonore multidiffusion, interprétation, dispositif plastique : Gilles Sornette
Création lumière : Brice Durand

Diffusion : Centre Pompidou-Metz (57) , Festival Les Repérages ( Rencontres internationales de la jeune chorégraphie) – Lille (59), CCAM Scène Nationale Vandoeuvre (54), Festival Monodrama – Luxembourg

Kaku est né d’une déclinaison scénique de l’installation atHome de Gilles Sornette, créée en avril 2006 au Castel Coucou à Forbach (57) ; une œuvre dans laquelle cet autodidacte de talent livrait une vision personnelle, critique et poétique de l’énergie nucléaire. Autour de Yuko Kominami, danseuse en robe rouge au corps fluide et ondulant, des voix d’enfants, des pépiements d’oiseaux… Puis, soudain, un éclair de lumière : on voit son corps traversé par les vibrations se déshumaniser. Au mur, l’ombre de ce corps devient empreinte noire, comme après l’explosion d’Hiroshima… Le phénomène s’évanouit, la vie renaît. Les images vous collent à la rétine et les sons vous habitent… Un moment de grâce à la fois douloureux et poétique.

Production : Hörspiel / coproduction : CCAM – Scène nationale de Vandœuvre, Moselle Arts Vivants – opérateur culturel du Conseil Général de la Moselle / soutien à la production : l’Arsenal – Metz en Scènes, Centre Pompidou – Metz, Trois C-L (Centre de Création Chorégraphique Luxembourgeois) / soutien financier : Conseil Régional de Lorraine, Ville de Metz, Conseil Général de Moselle, SPEDIDAM / soutien : Musiques Volantes.

article Kaku RL 27 05

DE L’INSTALLATION A LA REPRÉSENTATION

Dans atHome, installation plastique et sonore, Gilles Sornette poursuivait une recherche sur les lumières violentes et la persistance rétinienne, ce phénomène physique par lequel une image continue d’exister, de durer dans le champ visuel d’un individu. Le flash lumineux avait ravivé en lui une image associée à l’un des évènements les plus meurtriers commis par la main de l’homme et dont la planète semble avoir oublié l’importance : lors des explosions nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki le rayonnement thermique fut si puissant que l’on retrouva, imprimées sur des murs, les ombres de corps humains volatilisés par la chaleur. Ces « ombres », ces traces qui datent d’il y a presque 70 ans sont encore aujourd’hui d’une grande actualité, symboles funestes d’une course au développement technique et scientifique , souvenirs d’une mémoire collective qui tend à s’estomper. Kaku s’articule autour de l’intervention dansée de Yuko Kominami au sein de cette installation et de l’interprétation en direct de la musique par Gilles Sornette. Le pari, le questionnement était : peut-on passer de l’installation à la représentation, d’une situation ou le spectateur est directement impliqué à une situation ou il n’est que spectateur ? Le choix d’une chorégraphe pratiquant également le Butô s’imposait de par la référence indirectement citée dans l’installation: l’explosion de la bombe d’Hiroshima. Yuko Kominami apporte dans ce projet, outre ses qualités de danseuse-chorégraphe, une vision, un ressenti ambigu propre à une génération japonaise élevée à la technologie, mais dont l’histoire est marquée par cette expérience traumatisante. Elle est convaincue, fortement, que lors de cet accident, quelque chose nous a été délivré en un endroit où la seule chose à faire est de prier et d’apprendre à avoir confiance. Si une partie de la pièce s’appuie sur la dramaturgie originelle de l’installation, une autre a été développée au cours de périodes de résidence en s’éloignant d’une critique du nucléaire et de ses dangers pour aller vers une lecture plus large, contemporaine, et aborder notamment le thème de l’accident (ce qui arrive) et les notions de trace, de mémoire.

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